Des drapeaux de l'Union européenne, à Bruxelles, le 13 mai 2025 ( AFP / Nicolas TUCAT )
Bruxelles a proposé vendredi de prolonger d'un an, jusqu'en mars 2028, la protection accordée aux réfugiés ukrainiens dans l'UE, mais veut dorénavant en exclure les hommes en âge de combattre.
Plus de 4,4 millions d'Ukrainiens fuyant le conflit avec la Russie bénéficient aujourd'hui de ce statut unique, qui leur permet de séjourner, de travailler et d'accéder à des aides dans l'Union européenne.
Ils vivent principalement en Allemagne, Pologne et République tchèque.
Ce statut, lancé pour la première fois en mars 2022, doit être reconduit chaque année -- ce que Bruxelles propose de faire pour la cinquième fois, puisque la guerre est toujours en cours.
"A mesure que la guerre se poursuit, notre soutien doit lui aussi se poursuivre", a plaidé le commissaire européen chargé des questions migratoires, Magnus Brunner.
Reste que des pays de l'Union européenne commencent à montrer des signes d'impatience face à ce conflit sans issue évidente.
L'an dernier, Bruxelles avait ainsi engagé une réflexion sur l'avenir de ce statut, encourageant les Etats membres à pérenniser le statut de ceux restant en Europe et préparer de premiers retours vers l'Ukraine.
La proposition dévoilée vendredi va un peu plus loin.
Ce statut unique sera bientôt refusé aux hommes en âge de combattre, déposant leur toute première demande.
S'agit-il de discrimination à leur égard? Certainement pas, a défendu le commissaire Magnus Brunner. "C'est quelque chose que les Ukrainiens nous ont demandé de faire", a-t-il assuré lors d'une conférence de presse à Bruxelles.
De son côté, le commissaire aux droits de l'homme du Conseil de l'Europe Michael O'Flaherty a mis en garde contre tout retrait prématuré de la protection et de l'assistance accordées aux Ukrainiens.
"C'est le moment d'accroître, et non de réduire, notre solidarité", a estimé M. O'Flaherty dans un communiqué.
"La situation actuelle en Ukraine ne remplit pas les conditions nécessaires à un retour sûr et digne", a-t-il souligné. "Sortir les personnes du régime de protection temporaire collective sans leur offrir un filet de sécurité solide, c'est risquer de plonger des millions d'entre elles dans une situation juridique incertaine, dans la pauvreté et de les contraindre à des retours involontaires et dangereux".

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